La perle noire, par Pascale Lafraise

Cette perle « noire » de forme irrégulière  ou baroque est, pour moi, un cadeau précieux par la valeur affective qu’elle renferme. Née  dans les eaux tahitiennes d’une particule particulière, elle est désormais et pour toujours associée à un prénom féminin Veena ( désignant aussi un instrument de prédilection pour la musique carnatique indienne).

Poire, goutte ou larme  telle que la légende la décrit : les perles sont les  larmes des Dieux déposées dans les huîtres chaque jour au moment de la rosée.
Elle est présente dans le monde entier à travers l’Histoire de l’antiquité à nos jours.
Elle est  constituée de couches successives d’aragonite (nacre) autour d’une particule « intruse » dans l’huitre, comme un grain de sable par exemple. Comme l’huitre nous pouvons faire d’un événement intrusif dans notre vie un acte de création : plus que de la tolérance, l’aide à cet « intrus » plutôt que l’ignorance ou le rejet nous donne protection contre d’autres blessures. Elle devient expérience existentielle, par son intégration propageant en nous une plus grande harmonie et une beauté intérieure.

Ne dit-on pas d’un être cher « tu es ma perle, mon joyau, mon trésor. »?
Comme la perle, nous sommes des gemmes crées sans artifice par dame Nature.

Cette perle, pour moi, n’a aucune valeur marchande. Elle ne se monnaye pas. Joyau, trésor par les souvenirs qu’elle porte en elle, ses secrets, sa beauté naturelle issue des eaux, cadeau d’une femme tahitienne, elle est musique, elle est poème, elle est senteur des iles, elle est force dans son humilité, patience, persévérance dans la courtoisie, leçon de  courage et de modestie. Elle est la mémoire de sa fille Veena. Cette perle, larme des dieux, loin d’être un objet « bijou » dans un écrin dévoile son âme à celui ou celle qui cherchera à faire scintiller toutes ces valeurs , au quotidien.
Vais-je la faire sertir d’une marguerite d’or, la transformer en pendentif, larme des dieux à porter sur le cœur, en ornement de bracelet comme un « charme » symbolique au poignet? Laissons ce choix  à sa digne héritière, déjà détentrice du mystère de cette perle noire .

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5 réflexions sur “La perle noire, par Pascale Lafraise

  1. « Perle noire »:
    il est des mots extraordinaires,
    qui feraient l’objet à eux tous seuls…
    Et voici un doute fâcheux:
    Les objets ont-ils besoin d’être réels
    pour qu’ils jouent tous leurs rôles
    et pèsent tant sur nous?

  2. Je suis d’autant plus touchée qu’ayant passé mon enfance à Tahiti, j’ai, il y a quelque temps, acquis (par coup de foudre) une perle baroque, tahitienne, peacock, je crois que l’on dit, tout simplement parce qu’avec le tiki, c’était l’emblème des îles et des lagons, l’irrégularité d’une époque sans tracé, le retenu des souvenirs enfouis et jamais perdus. Je n’ai jamais réussi à savoir ce qu’elle allait devenir : elle repose dans sa boîte, mais de savoir qu’il y en a une dans la maison, je me sens un peu moins dépossédée de ce pays des jeunes années que je ne reverrai sans doute jamais.

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