Le chat, par Marie-Florence Ehret

Maman aimait les chats sous toutes les formes, imprimés sur ses draps, ses serviettes, ses tasses ; en posters en calendriers, en photos ; en plâtre, en verre, en porcelaine, en terre cuite ou en étain comme celui-ci.

Elle les aimait aussi en vrai, si possessivement qu’elle enferma le dernier dans la salle de bains sans jamais le laisser sortir de peur qu’il ne s’échappe. Il en devint presque fou.

A la mort de maman j’ai distribué autour de moi quelques éléments de sa collection, j’ai mis à la poubelle calendriers et posters, j’ai recueilli le chat fou qui est devenu l’heureux occupant d’un jardin qu’il ne songe pas à quitter, et j’ai gardé quelques unes de ces figures de chat. Celui-ci en particulier, que je lui avais d’ailleurs moi-même rapporté d’un séjour à Alexandrie, et dont j’aime le poids, le profil parfait et la patine irrégulière. Tous les souvenirs qui s’y condensent tiennent dans le creux de ma main, dans la lourdeur de ce corps svelte.

 

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