Cette statuette africaine, dont la coiffe cassée a été recollée plusieurs fois, vient du Togo je crois. Enfant, je pouvais passer des heures à ses côtés. La lumière du matin caressait son épaule, sa joue, et semblait donner vie au joueur de tam-tam, à ses pieds immobiles couverts de poussière. Je voyais peut-être se refléter sous les paupières mi-closes de la statuette les collines, les vallons, la savane arborée. La première fois que je me suis rendue en Afrique – c’était au Zimbabwe en 1990 – j’ai eu le sentiment d’arriver enfin chez moi.

S’il y avait une mémoire de l’espèce,
nous pourrions tous nous souvenir
de notre Afrique originaire…