la bibliothèque, par Marie-Florence Ehret

Elle était derrière le lit, à l’abri de la lumière derrière les lourds rideaux de velours rouge doublés de rose, dans ce petit appartement de la rue de la Charbonnière où ma mère m’emmenait tous les dimanches quand j’étais petite.

Coco – Jacques ou Khoa selon que vous lui donniez son prénom de baptême ou son prénom d’origine – Coco donc, l’avait apportée avec lui du Vietnam en 1919, avec d’autres trésors aujourd’hui disparus.

Elle l’a suivi à Hendaye, en 1970 quand il a quitté Paris. J’ai voulu qu’elle accompagne maman quand celle-ci est allée vivre dans un foyer médicalisé, et elle est aujourd’hui chez moi, dans la maison de Haute-Marne, avec ses dragons dédorés et ses pieds de lion, elle, la bibliothèque de mon enfance, porte magique d’un monde effrayant et magnifique, gardienne de mes rêves et maîtresse de mes peurs.

Elle me tient lieu d’autel des ancêtres.

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