Le coffre qui chante, par Françoise Grard

Ce petit coffre de bois ne fait pas plus de quinze centimètres de long.
Il appartenait à ma mère qui le gardait jalousement sous clef dans son secrétaire.
Non ce n’est pas un coffre à bijoux, ni une boîte à trésor.
Une fois par an, ma mère nous réunissait pour le tirer de son secrétaire et actionner la petite clef cachée en-dessous qui mettait en route le mécanisme intérieur : celui d’une boîte à musique.
Fabriqué à Chatel-Saint-Denis dans les montagnes suisses, il lui avait été offert à son arrivée dans le couvent où elle avait été mise en pension en 1930 à la mort de sa mère.
Elle avait neuf ans.
Quand j’avais neuf ans, je rêvais de tourner la petite clef interdite.
Quand mes enfants ont eu neuf ans, je l’ai retrouvé, ce coffre dans le secrétaire de ma mère qui venait de mourir.
La boîte à musique fonctionne toujours. Elle fait entendre, lentement, avec quelques grincements :
« Là-haut, sur la montagne, l’était un vieux chalet… »
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