La trouilloteuse, par Daniel Bouzou

La « trouilloteuse » est le nom familier d’un outil de bureau qui sert à percer des trous dans des documents que l’on veut conserver dans des « classeurs ». Cette action se traduit par le verbe « trouilloter ». J’ai toujours cru que ce nom était un terme d’argot des cols blancs, comme un « bidule » ou un « truc », mais la consultation de la définition de cet engin sur Internet vient étonnamment de me prouver la réalité de cette appellation ! Néanmoins, les puristes rigoristes la qualifient plus volontiers de « perforateur » ou « perforatrice » (puisque les deux genres sont admis)

Cet appareil m’a accompagné tout au long de ma carrière bureautique… enfin celui-ci est le dernier en date de tous ceux que j’ai pu utiliser durant presque quarante ans, un rescapé en quelque sorte que j’ai emporté, tel un trophée pour bons et loyaux services, lors de mon départ à la retraite.

Qui dit travail de bureau, la comptabilité en ce qui m’a concerné, veut dire production intensive de papiers et documents en tous genres. Et qui dit papiers dit classement, comme il se doit ! Pour classer ces documents dans des classeurs, il fallait au préalable perforer les feuillets d’un certain nombre de trous correspondant au type de rangement. Le plus courant était un « deux trous ».

Ce dernier, en métal, est assez pesant. Une poignée que l’on abaisse appuie sur des emporte-pièce, maintenues par des ressorts, qui percent des trous dans les feuilles disposées en dessous. Sur le côté, une double tige réglable en fonction de la dimension des documents permet de positionner ceux-ci pour que les trous soient perforés toujours à la même distance.

Inutile de dire que la résultante de ces multiples perforations était la production, en abondance, de confettis, heureusement sauvegardés sous l’appareil par un couvercle en plastique qu’il convenait de vider régulièrement, de préférence dans une poubelle ou, accessoirement par une désopilante intention, dans le parapluie fermé ou le sac d’un collègue !

Je m’en sers donc aujourd’hui chez moi pour le classement de tous mes documents personnels, et lorsque je l’utilise, il m’arrive parfois de fredonner le leitmotiv du « Poinçonneur des Lilas » de Serge Gainsbourg : « J’fais des trous, des p’tits trous, encore des p’tits trous, des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous… »

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