La canne à tête, par Alain Gebel

Mon grand-père est décédé en 1948, quatre ans avant ma naissance. Je ne l’ai jamais connu. Seule son histoire un peu particulière m’a été racontée par mon père.
Alors qu’il n’avait que 17 ans, il a fui l’Alsace allemande pour rejoindre la France en traversant les Vosges à pieds. Il n’a pas été le seul à préférer rejoindre la France pour ne pas rester allemand.
Il s’est engagé dans la légion étrangère et à la fin de son engagement, il a demandé et obtenu la nationalité française. En 1914, comme tous les Français en âge d’être rappelé sous les drapeaux il a rejoint le front pour combattre les Allemands.
Jusqu’en 2014, j’ignorais pourquoi mon grand-père avait cette canne en sa possession. Je l’ai toujours trouvé belle et très travaillée. En 2014, alors que les commémorations du centenaire de la Grande Guerre ont débuté, j’ai découvert que les poilus, pour « passer le temps » entre deux montées au front, s’occupaient à sculpter, qui des douilles d’obus, qui des morceaux de bois. Et j’ai découvert des cannes taillées de la même façon que celles-ci dans les collections d’objets de poilus. J’ai donc compris d’où mon grand-père tenait  cette canne.
Elle est si importante à mes yeux qu’alors que j’en ignorais son origine, c’est elle qui a inspiré le nom de l’association de Contes et deThéâtre amateur que j’ai créé en 2008 avec mon épouse : Les Contes de la Tête à Canne.
De plus, c’est cette tête sculptée qui constitue le logo de l’association.
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