La tapisserie, par Sabine Drieu La Rochelle

Elle s’appelle  » Rendez-vous de chasse »

C’est une tapisserie tissée manuellement en basse lisse à la façon des lissiers d’Aubusson. Elle dormait tout en haut d’une étagère, submergée sous des écharpes, des sacs et coincée par des tableaux… Il y a bien vingt ans.

Elle est sortie de sa cachette pour illustrer le travail des ouvrières en Picardie. Le lien ? Elle illustre à la fois le travail d’art textile minutieux, lent et long qu’a nécessité sa réalisation. Elle s’est fabriquée à la façon d’un négatif puisque qu’elle a grandi à l’envers et que son créateur n’a eu de cesse de l’imaginer terminée en s’assurant de son bel effet renvoyé par un miroir. Combien de pauses furtives, de regards scrupuleux glissés au travers de la chaîne avec pour seul juge … un miroir…

Elle prend vie par son sujet et par les éléments qui la composent …. d’abord la nature, puis cette femme identifiée par sa robe. Elle émerge en même temps que la maisonnette. Imaginez…..

En même temps que le passé nous saute aux yeux, deux taches noires nous intriguent : et pourquoi donc ? Au delà de cet instant se cache le motif d’un bouton de nacre. Eh oui, Le bouton pouvait être art porté… Le travail de la nacre, voici l’autre activité industrielle et artisanale du secteur méruvien.

Cette tapisserie venait d’un atelier d’art (aujourd’hui fermé) qui est né de la volonté de développer une activité touristique, artistique en ruralité. Il était doublé d’un musée du bouton de la nacre. Même si cela est fini, je suis heureuse d’avoir pu communiquer deux passions à quelques milliers de curieux, d’avoir permis aux enfants de découvrir les activités traditionnelles et aux Anciens de revivre le film de leur vie active à travers l’atelier et le musée.

 

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Une réflexion sur “La tapisserie, par Sabine Drieu La Rochelle

  1. Chaque fois que je lis les chroniques de l’e-musée de l’objet, je me dis que l’objet, de si peu de valeur, renait par le texte qu’il suscite. Souvent petit, et sans beaucoup de valeur marchande, il est grâce à celui qui se penche à son chevet pour le ressusciter d’entre les morts dans les mots et par le regard du lecteur.

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