La Grolle, de Daniel Bouzou

Je viens de retrouver cet objet à l’occasion d’un rangement de ma cave…

Celui-ci, originaire du Val d’Aoste, est la coupe de l’amitié savoyarde, propice à bien des soirées conviviales et… arrosées !

Son nom, selon l’histoire, vient qu’à l’origine les bergers savoyards buvaient, à tour de rôle, du café mélangé à de l’alcool versé dans un sabot de bois, d’où le nom de grolle.

La pratique a évolué et la grolle est désormais un récipient en bois avec plusieurs becs par lesquels on boit. Elles sont diverses en taille, de deux à huit becs en fonction des convives, et généralement sculptées, surtout sur le couvercle.

Le principe du jeu est simple : une fois remplie, on fait tourner la grolle que chaque participant porte à ses lèvres en aspirant le liquide par l’un des becs, et de main en main jusqu’à ce qu’elle soit vide ! Une précaution cependant consiste à boucher de ses pouces les deux becs entourant celui par lequel vous buvez, sinon gare à la douche ! Une fois la gorgée bue, vous passez la grolle à votre voisin en la tournant, de sorte qu’elle lui présente le bec suivant. Puisque le nombre de convives correspond au nombre de becs de votre grolle, chacun sera ainsi assuré de boire toujours au même bec.

Les recettes sont multiples, mais plus on monte en altitude et plus elle est forte en gnôle !

On fait du café bien chaud que l’on verse dans la grolle. On l’aromatise avec du zeste d’orange et/ou de citron, quelques clous de girofle et du poivre. On verse ensuite de la gnôle (de préférence maison) préalablement chauffée. On saupoudre le tout de sucre et on fait flamber.

Bien entendu, on recommence le processus sitôt que la grolle est vide… Le terme de modération ne s’applique pas lors de ces soirées de beuverie, mais il est néanmoins préférable de s’arrêter avant de rouler sous la table !

J’ai été initié à cette coutume lors d’un séjour en refuge de haute montagne par notre guide de randonnée. J’ai bien apprécié cette boisson mais surtout adoré la convivialité ancestrale et les rires que la grolle génère. La notion de « nuit blanche » trouve ici tout son sens, pas tant à cause de l’alcool que du café !

Inutile de dire qu’une fois redescendu dans la vallée, je me suis empressé de faire l’achat de cet ustensile qui m’a servi pendant plusieurs années pour agrémenter mes soirées entre amis, jusqu’à ce qu’il finisse aux oubliettes de ma cave.

 

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