L’aigue-marine, de Blandine Husson

Quand Mamie, ma grand mère maternelle, nous a quittés, tous ses petits enfants ont pu choisir s’ils le désiraient un objet lui ayant appartenu. J’aurais bien aimé avoir un de ses bijoux, c’était l’héritage de mes tantes. Dans le lot de bibelots qui restaient j’ai trouvé une vieille chevalière toute cabossée avec une magnifique pierre bleue, je n’avais jamais vu Mamie avec, il faut dire qu’il n’était plus possible de la porter. Pourquoi l’avait-elle gardée ? Que représentait-elle pour elle ? Ça restera un mystère, mais l’éclat de cette pierre m’a tout de suite enchantée : voilà ce que je voulais garder de Mamie. J’y retrouvais l’éclat de ses yeux quand sa mélancolie la quittait et le bleu, la couleur des vitraux qu’elle m’a fait découvrir en visitant la cathédrale de Chartres. J’aimais ces instants privilégiés passés avec elle où j’avais le sentiment d’être unique, elle était si douce, aimante et consolante, ce n’était pas toujours facile pour moi d’être la seconde de six filles et de vingt-quatre petits enfants.

C’est Maman qui m’a fait ce cadeau de transformer cette chevalière en bague. Le bijoutier nous a appris que c’était une aigue-marine d’une taille très ancienne et d’un diamètre exceptionnel. Il nous conseilla une monture en or blanc qui la mettrait bien en valeur.

Cette bague, je la garde précieusement depuis plus de quarante ans, elle porte en elle le souvenir de Mamie, de Maman et ce bleu infini de la mer, du ciel et des vitraux de Chartres.

Blandine Husson

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