La statuette des greffés, de Daniel Bouzou

J’ai été frappé par la maladie à l’âge de 40 ans. Mes reins, défaillants, m’ont fait connaître un long parcours de transplanté rénal puis de dialysé depuis plus de 30 ans. Loin de m’apitoyer sur mon sort, j’ai tenu à m’informer afin de me prendre en charge. A cette occasion, j’ai occupé des responsabilités locale et nationale au sein de La FNAIR (Fédération Nationale d’Aide aux Insuffisants Rénaux) pendant près de 15 ans. J’ai commencé à participer à l’illustration de la Revue de la Fédération en 1988, puis à sa rédaction. Enfin, petit à petit, le bénévolat m’engageant à m’impliquer de plus en plus, j’ai œuvré à l’Association Régionale Parisienne et enfin au Bureau exécutif de la FNAIR. A ce titre, j’ai participé le 5 décembre 2000, en tant que représentant des patients, à la célébration de la 2 000ème greffe rénale réalisée à l’hôpital de Bicêtre.

En dehors des multiples discours prononcés par les personnalités médicales commémorant cet événement, une statue qui se voulait être un hommage à tous les donneurs a été dévoilée dans le parc de l’hôpital, devant le pavillon Anatole et Hippolyte Lionnet. Cette sculpture, grandeur nature, est l’œuvre d’Anne Deval, artiste résidant à Bicêtre. Elle représente deux personnes stylisées, une femme et un homme, sans tête ni bras, étroitement mêlées, symbolisant le lien indissociable existant entre le donneur et le receveur lors d’une greffe. Une plaque identifie la statue : « 2 000ème greffe rénale – 5 décembre 2000 – Sculpture réalisée par Anne Deval »

Juste à côté de la sculpture a été planté un Ginkgo Biloba, à la fois par la famille d’un donneur, dont le fils était décédé, et par celle d’un receveur, en l’occurrence moi-même puisque faisant partie des 2 000 greffés célébrés. Cet arbre, connu pour sa longévité, est le dernier représentant d’une famille apparue il y a plus de 270 millions d’années. Surnommé l’arbre aux quarante écus, il peut vivre plus de 1 000 ans. Quel meilleur choix donc pour figurer ce don de vie ?

Deux maquettes de 30 centimètres, préparatoires à l’œuvre finale, avaient été réalisées par l’artiste. A l’issue des cérémonies, Anne Deval a offert ces deux statuettes souvenirs aux représentants des donneur et receveur. C’est ainsi que j’ai hérité de l’un de ces modèles fait de terre cuite de Bollène, une argile réfractaire particulièrement résistante aux intempéries.

Ce cadeau, d’une valeur inestimable, compte tenu de sa symbolique, m’honore et figure désormais chez moi en bonne place parmi d’autres œuvres d’art glanées lors de mes déplacements de vacances

 

Daniel Bouzou

 

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