Le tancarville, par Fanny Toison

Le tancarville. Le résumé antonomastique, comme on dit en rhétorique, de ma vie de jeune maman. Un édifice branlant qui accueille, lessive après lessive, des tonnes d’habits qui ne sèchent jamais.

Les autres ont des essoreuses ou des sécheuses, moi, j’ai de l’organisation ou peut-être est-ce de l’obstination : les grandes chemises sur les ailes déployées, les slips et brassières sur l’étage inférieur. Il y a un espace prévu pour mettre les pulls à plat mais ce sera autant de chaussettes à serrer dans les coins !

Tancarville. J’apprendrai ce nom bien plus tard sans avoir vu le pont qui lui donna son nom. Pour moi c’est le séchoir et c’est un cauchemar. Il n’est jamais vide. Il m’arrive de remplacer la moitié d’une lessive encore un peu humide pour accueillir la suivante carrément détrempée.

Les jours de beau temps je m’acharne à le transporter dehors et le retrouve immanquablement les quatre fers en l’air et le linge en bataille.

Il est censé se replier poliment les jours de fête mais soit il s’effondre, soit il se disloque et je mets des heures alors à retrouver la structure de ce tancarville qui représentait certainement pour son inventeur, le summum de la modernité.

 

 
Fanny Toison

3 réflexions sur “Le tancarville, par Fanny Toison

  1. Le tancarville a beaucoup des charmes de la chaise longue impossible à déplier, et qui s’effondre, lorsqu’on finit par y déposer non le linge humide, mais notre corps peu rassuré… Ces objets peuvent empoisonner le quotidien, même s’ils sont supposés nous aider. En prendre une photo, debout, entiers, pratiques, c’est en immortaliser la conquête. Les dominer, enfin !

  2. merci pour ce partage, j’en ai un aussi, le même depuis 30 ans. Je l’avais quand j’étais étudiante (mon premier achat de ménagère !) il m’a accompagnée au cours de mes six déménagements, de ma vie de jeune femme, de jeune épouse, de jeune mère. il a vu mon linge, celui de mon mari, de nos trois enfants. Les montants sont tordus, le poids du linge au fil des ans l’a disloqué. Mais il est toujours là,

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