La boule de Noël ferronnée, par Michaela Bernacki

Un objet. Objection. Une relique. Ce qui reste de nous, de notre histoire, d’une parcelle d’histoire traversant le temps. Une subsistance. Comme le ginkgo, cet arbre préhistorique dernier représentant de son espèce.

Ici une boule de Noël. Je me rappelle maintenant la boîte de Noël de ma grand-mère, la mère adoptive de ma mère. Mon étonnement à y trouver emboîté parmi d’autres boîtes un reliquaire plus petit encore avec, toutes bien rangées et à moitié consumées, des bougies. Avec leurs corolles pour y récupérer la cire fondue. Il y a bien longtemps ces bougies faisaient fièrement danser leur flammes dans un salon à parquet. Plus tard des guirlandes électrisées prendront le relais.

La mienne de boîte de Noël, le dernier souvenir que j’en ai c’est dans un cabanon perdu le long de la Meuse, rivière du Nord, rivière de frontière. Il m’en reste un reliquat. Cette boule de ferronnier coquettement perlée. Je l’avais achetée parmi des guirlandes et des boules standardisées allant avec leur ribambelle électrique. Cette pièce de ferronnerie serait la pièce maîtresse, elle irait à l’avant du conifère.

Et puis c’était pour ton premier Noël ma tendre fille. Les quelques Noël suivants nous avions ressorti la breloque. Le temps passant. Elle fait partie de mon étagère maintenant. Sur la plus haute planche parfois elle se met à briller. Là sans y être à se faire oublier. Le temps passant les conifères passent. Ce n’est plus le temps des ribambelles électriques, les sapins se découpent dans du carton.

Michaela Bernacki

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