Quelques objets de mon cartable, par Catherine Roze

15 septembre 1973, c’est la rentrée des classes et je suis au lycée ! Dès la première heure, pour me rassurer, je prends mon stylo-plume. Mon stylo-plume violet ! Mon compagnon de travail depuis déjà quatre ans ! Oh, il est tout simple, cet objet : d’une bonne prise en main, doté d’une plume dorée très souple, de couleur violette, comme son encre, violette aussi, couleur très apaisante qui me permet de bien relire mes notes. Mais pourquoi prendre cette couleur ? A bien y réfléchir, cette couleur est liée à mon enfance : ma belle petite école primaire, ma maîtresse adorée qui versait dans nos encriers de porcelaine blanche l’encre violette au parfum si particulier et bien sûr, je retrouve ce parfum lorsque j’utilise mes petites cartouches d’encre violette au collège, au lycée et, plus tard, pour préparer ma classe lorsque je suis devenue institutrice.

J’ai bien essayé le Bic quatre-couleurs, très utile en mathématiques, géographie, pour souligner, appuyer des mots, présenter des paragraphes… mais… le contact ne m’a pas satisfait, ce stylo était bien trop gros pour la prise en main et ce petit bruit désagréable, répétitif, lors des changements de couleur, les regards « assassins » que nous lançaient certains professeurs m’ont fait abandonner le Bic et puis, j’avais trouvé MON stylo-plume !

Il ne restait plus qu’à l’accorder au papier. Au collège, peu de choix ! Les professeurs tenaient à leurs cahiers spécifiques : grand cahier, grands carreaux pour les maths ; petit cahier, grands carreaux pour l’anglais ; feuilles perforées simples, blanches, à grands carreaux pour le français… etc. Mais au lycée, moins de contraintes : chouette ! J’ai essayé le papier mauve : bof, peu de relief avec l’encre violette, puis le papier bleu… et enfin le jaune. Ça y est : stylo-plume, encre et feuilles perforées, grand format, à grands carreaux s’accordent bien ! Mon papier est doux, lisse, le stylo-plume file, sans accroc sur cette matière accueillante. Plus question de les séparer ! Jusqu’à la retraite, je garderai le stylo-plume violet avec son encre violette ressortant sur le papier jaune.

Par contre, je ne garderai pas de règle en fer, ah ça, non ! La hantise des professeurs : le bruit de la règle en fer qui tombe sur le parquet, le carrelage, le lino, peu importe… Ce bruit est épouvantable, que la chute soit intentionnelle ou, le plus souvent, accidentelle ! La règle en fer m’a toujours rendue malhabile : je ne voyais pas bien la graduation, je devais sans cesse déplacer la règle ; sa forme étroite, haute et allongée ne se prenait pas aisément alors forcément, cette règle finissait toujours par terre et elle a terminé sa vie dans le tiroir d’un professeur excédé !

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2 réflexions sur “Quelques objets de mon cartable, par Catherine Roze

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