Le Petit Robert, d’Anne Poiré

C’est l’un des seuls cadeaux reçus à notre mariage, en 1987, dont je me souvienne avec précision.

Les trois amies de maman, Didine, Régine et Thérèse, trois vieilles filles charmantes, avaient demandé ce qui pourrait me faire plaisir pour l’occasion. Claudine Adam, Régine Jaeger, Thérèse Martin : elles se sont réunies, pour m’offrir le plus beau des présents (plein d’avenir !), l’unique livre que j’ai ouvert tous les jours de ma vie, du moment où je l’ai reçu, jusqu’au matin où, presque infidèle, je l’ai remplacé par un CD, du même nom, « Robert », que je glissais dans le lecteur de mon ordinateur. Et puis j’ai découvert les dictionnaires en ligne, le merveilleux CNRTL et ses pages ont commencé à se couvrir de poussière, même si elles font toujours battre mon cœur, rétrospectivement…

Grâce à ce cadeau exceptionnel, j’ai affiné mes écrits, durant des années. J’en caressais la couverture, légèrement en relief, tout en réfléchissant. J’en aimais le nom – le prénom exact de mon papa, mort en 1974, quand je n’avais que neuf ans. Curieusement, il me rappelle aussi le Larousse de ma petite enfance, semant à tout vent, et ses pages roses, contenant des citations incroyables, parfois en latin, voire en d’autres langues encore. Quel régal ! C’est d’ailleurs avec Régine que j’ai joué au Scrabble, durant la semaine qu’elle a passée avec moi au chalet, lorsqu’on a découvert la maladie de mon père. Je consultais les pages, à la recherche de mots contenant K, W, Z, X, Q…ces lettres retorses valant dix points. Je me délectais déjà.

J’apprécie toujours autant les dictionnaires. Quel inoubliable cadeau de mariage ! Patrick heureusement n’est pas trop jaloux : il a dû partager d’abord sa vie avec le petit Robert, et maintenant avec un Mac ! Que l’on se rassure, il conserve tout de même toujours ma préférence. Et pourtant, quelles extases avec ce dictionnaire, et tous les autres. Un mot en entraîne un autre, puis d’autres. Infini plaisir !

 

PS : Dedans, endormies, je viens de retrouver deux pages d’un manuscrit à la « San Antonio », Pèle donc les pamplemousses, qui n’a jamais retenu l’attention du moindre éditeur : dommage ! Je m’étais bien amusée avec la langue, pourtant.

 

 

Anne Poiré

http://annepoire.free.fr/

 

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